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L'innovation : DROIT DANS LE MUR?
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L'idée, le fait :
Une brève parue dans l'édition d'août 2007 de Communications of the ACM relate que certaines universités prestigieuses proposent des programmes conjoints droit et sciences pour former des jeunes à une profession très à la mode : le juriste scientifique. De plus en plus d'étudiants en sciences font un bond vers le droit, développant une double compétence qui s'arrache à prix d'or. Un professeur à l'université de Droit de Pennsylvanie s'inquiète du phénomène : « qui va-t-il rester dans les laboratoires » pour faire avancer la science ?
Le commentaire :
Le discours dominant actuel sur l'innovation, qui sous-entend presque exclusivement l'innovation technologique et le dépôt de brevet comme concrétisation ultime, montre ici son vrai visage. A travers l'innovation et le dépôt de brevet, on recherche la rente de situation protégée pendant plusieurs années par ... la loi. La complexification de ces sujets, la juridiciarisation de la société (tout le monde attaque tout le monde pour n'importe quoi en justice) conduit, en attaque comme en défense, à muscler son dispositif juridique. Devant la technicité des sujets, un avocat de formation non scientifique risque d'être vite dépassé devant un expert nommé par un juge lui-même totalement dépassé. En termes de création de valeur, l'inquiétude du professeur cité paraît légitime. Dans un climat général de réduction des effectifs étudiants dans les filières des sciences dites exactes (dans les pays occidentaux), soutirer les meilleurs de ceux qui restent, pour en faire des juristes surpayés, est en effet assez inquiétant. Qui va continuer d'innover ? Les juristes ?
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