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Derrière ce nom barbare, dont beaucoup ignorent la signification, se cache une technologie éprouvée qui n'a, en fait, rien de révolutionnaire : l'agrégation de contenus audios via des flux RSS 2.0 (really simple syndication). Le podcasting permet ainsi de distribuer des fichiers audios et de les télécharger sur tout type de lecteur numérique, pour les écouter ensuite au moment de son choix. Le concept du podcasting est bien développé aux Etats-Unis, plusieurs conférences lui ont déjà été dédiées et le phénomène gagne l'ensemble de la blogosphère. En France, plusieurs initiatives ont vu le jour, notamment dans le domaine de la radio. Récemment, lors de la soirée "Paris, blogue-t-il ?", les premiers "Podcasts d'or" ont été décernés aux meilleurs podcasts de langue française. Le podcasting a pris naissance en 2004, il s'agit donc encore d'une tendance émergente, mais son démarrage en flèche n'est pas sans susciter de nombreuses interrogations. S'agit-il du dernier "truc" à la mode sur Internet, d'un nouvel outil de marketing ou encore d'un moyen de communication de plus ? Concerne-t-il aussi les entreprises ? Quel sera son impact en termes économiques ? Et surtout, le phénomène va-t-il s'inscrire dans la durée ? Le podcasting, un nouvel outil de communication en passe de devenir un média à part entière Le blog était un phénomène encore marginal il y a un peu plus d'un an. Aujourd'hui, l'engouement pour ce mode de communication est tel qu'il est devenu un média de masse. Le podcasting pourrait bien connaître la même destinée : à l'origine, censé se limiter à des fichiers audio joints à certains blogs écrits, ce nouvel outil de communication est en train de devenir un genre à part entière et son succès va croissant (1). Ce sont deux développeurs, Adam Curry (ancien vidéo jockey de la chaîne MTV) et Dave Winer, tous deux des acteurs renommés du monde du blogging et de la syndication RSS, qui ont les premiers jeté les bases du concept. La première application donnant du sens au concept, iPodder, a vu le jour en juillet 2004 : ce programme développé par Curry permettait de récupérer sur un iPod des morceaux de musique en MP3 joints aux billets publiés sur les blogs (il s'agissait en fait du premier agrégateur de podcasts). Le terme "podcaster" n'a fait son apparition qu'en septembre 2004 sur un forum consacré à l'iPod. Six mois plus tard, Google indexait 1,7 million d'occurrences du mot "podcast" sur le web (et, aujourd'hui, plus de 80 millions) (2). Adopté d'abord par les aficionados d'Apple, le podcasting s'est rapidement propagé aux possesseurs de PC. Techniquement, rien de révolutionnaire : il s'agit ni plus ni moins d'une version audio des flux RSS Le podcasting est la version audio des flux RSS : un podcast est en effet un fichier audio qui a été publié ou agrégé en ligne comme un flux RSS. Il permet aux utilisateurs qui s'abonnent de recevoir en continu des flux de contenus web audio. Les podcasts peuvent être ensuite transférés et écoutés sur des PC ou sur des lecteurs portables MP3, grâce à des logiciels appropriés (3). Sur un plan pratique, comment cela fonctionne-t-il ? Vincent Birebent, dans Micro Hebdo, apporte quelques précisions (1) : "Concrètement, un podcast est un canal de diffusion où l'émetteur va mettre en ligne des séquences audio correspondant à autant d'émissions qu'il le désire. Une sorte de playlist personnelle mise à la disposition de tous. Pour tenir au courant les internautes de nouveaux épisodes, les émetteurs associent à leur podcast un flux RSS qui permet de les informer des nouvelles mises à jour. Principale différence avec la radio classique : ces blocs-notes audio sont diffusés sous forme de fichiers à télécharger. Il n'est donc pas nécessaire de rester en ligne ou de se connecter à une heure précise pour en profiter" (1). Les contenus des podcasts sont très variés, allant des bulletins d'information professionnels à la lecture, par des amateurs, de romans tombés dans le domaine public, en passant par de la musique, des "talk show" de style radiophonique, des discours, des sermons ou tout autre contenu audio (4). Le mouvement du podcasting étant parti d'une communauté de passionnés, un grand nombre de ces contenus se révèlent être des programmations d'amateurs ou le remaniement de contenus existants (5), pour un résultat pouvant aller du plus sublime à l'extrême ridicule. Pour l'heure, un vent de liberté souffle encore sur les podcasts : réalisés, pour un grand nombre, par des amateurs, ils restent à l'écart des règles de diffusion gouvernementales et des standards professionnels. Ils se présentent donc souvent comme des programmes de radio que l'on enregistre soi-même, postés sur le web (5). Mais cela durera-t-il ? Alors que les podcasts se développent et que, notamment, les chaînes de radio proposent des programmes sous cette forme, le copyright constitue une véritable pierre d'achoppement pour les créateurs de podcasts qui veulent diffuser des contenus avec une marque déposée : ils doivent impérativement obtenir les autorisations des ayants-droit. Et ce, même si aucun bénéfice n'est tiré de cet usage. Or, pour le moment, la loi sur le copyright ne couvre pas ce type de média (12). Un terme forgé de toutes pièces, mais qui se révèle impropre Le terme "podcasting" - qui a fait son entrée dans l'Oxford English Dictionnary en août dernier - s'avère toutefois impropre : en effet, comme on peut le lire dans Wikipedia, "le mot anglais podcasting est un mot-valise qui vient de la contraction de iPod (une marque), le baladeur à succès d'Apple Computer, et de broadcasting, signifiant diffusion" (6). Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le recours à la marque iPod n'est pas un impératif en matière de podcasting, tout baladeur numérique peut convenir, quelle que soit sa marque. C'est pourquoi certains préfèrent parler de "blogcasting", sans faire référence à la marque d'Apple. Comme un grand nombre de termes relatifs aux technologies de l'information, le mot "podcasting" reste largement méconnu du grand public et même de nombre d'internautes. Ainsi, une étude réalisée par Pew Internet & American Life Project auprès d'internautes américains (7), mettant en évidence la méconnaissance du jargon informatique par le grand public, révèle que seuls 13 % des interviewés connaissaient ce terme, 63 % n'étaient pas sûrs de comprendre de quoi il s'agissait et près d'un quart avouait même n'avoir jamais soupçonné l'existence de ce système de diffusion. Il est vrai que le terme est peu parlant et qu'il a même de quoi rebuter. Les Quebécois, grands défenseurs de la langue française, n'ont pas tardé à proposer une traduction pour ce terme qui sonne plutôt désagréablement à nos oreilles francophones. Ainsi, les vocables "baladodiffusion" ou "baladiffusion", forgés à partir des mots baladeurs et radiodiffusion ont été proposés par l'Office québécois de la langue française en octobre 2004. Ces termes ont été adoptés par de grands radiodiffuseurs canadiens tels que Radio-Canada en mars 2005 ou Astral Radio en octobre 2005 (6). Un phénomène qui prend de l'ampleur Bien que le grand public se montre plutôt ignorant au sujet de cette technique, la baladodiffusion connaît de la part des pionniers un engouement manifeste et le phénomène prend de l'ampleur. Les analystes lui prédisent un avenir radieux. Ainsi, le Diffusion Group (cabinet spécialisé dans l'analyse des consommateurs de nouvelles technologies) annonce que le nombre des auditeurs de podcasts devrait être multiplié par 15 dans les cinq prochaines années grâce à un taux de croissance annuel de 100 %, pour atteindre ainsi 60 millions en 2010 (8). Il faut garder à l'esprit que toute innovation connaît des taux de croissance très élevés à ses débuts et que les analystes ont alors tendance à s'enflammer. Ce type de prédiction est toujours à considérer avec prudence. Néanmoins, parmi les différentes études publiées, un chiffre retient l'attention : 6 millions d'Américains adultes auraient déjà écouté des podcasts, selon un rapport Pew Internet & American Life Project publié en avril 2005 (3) ; ce chiffre représente près d'un tiers (29 %) des 22 millions d'Américains adultes possédant un lecteur MP3. Ce constat qui relie la montée en popularité des baladeurs numériques à celle du podcasting, fait apparaître clairement le rôle joué par la vogue actuelle des lecteurs de musique numériques dans le développement de la baladodiffusion. Nul doute que podcasting et baladeurs numériques continueront à l'avenir à profiter mutuellement de leur croissance. Pourquoi cette popularité grandissante du podcasting ? Julien Van Caneghem (l'un des précurseurs du podcasting en France, créateur de "France Podcast", site dédié au podcasting francophone), pointe lui aussi sur le rôle des baladeurs numériques dans l'évolution rapide de la baladodiffusion : - le nombre de baladeurs numériques achetés aux Etats-Unis a explosé, - des lecteurs permettant de s'abonner et d'écouter des podcasts sont apparus, - iPodder marche sur les 3 plates-formes Windows, MacosX et Linux, - Apple, grâce à iTunes a pu donner une plus grande ampleur au podcasting (9). Mais il met également en avant d'autres facteurs expliquant cette montée en popularité de la baladodiffusion : - Le podcasting recourt à des logiciels et à du matériel qui existaient déjà. Par exemple, pour ce qui est du matériel, il suffit d'équipements déjà banalisés dans le grand public : un ordinateur, une connexion à Internet, un micro-casque ou une webcam et un baladeur numérique. - Selon lui, son succès aux Etats-Unis tient à ces trois mots : simple, gratuit, à la carte. Ses principaux atouts : il est multimédia, il est utilisable par tous et il s'adapte à vos envies et à votre rythme de vie (10). Une révolution sur le plan sociologique Il s'adapte à vos envies et à votre rythme de vie : on touche là l'un des points essentiels dans l'engouement pour le podcasting. Le podcasting est en train de changer les habitudes de vie et de consommation. La baladodiffusion permet en effet au grand public d'obtenir une radio ou une télé à la carte, personnalisée selon ses goûts, qu'il peut écouter où il veut, quand il veut, et même de créer son propre média. Et pouvoir accéder au contenu numérique au moment choisi par le consommateur constitue là l'un de ses grands avantages. "Il fait pénétrer Internet dans le reste de votre vie, quand vous n'êtes pas connecté" (11), souligne Adam Curry (l'un des "podfathers"). Et c'est lorsqu'une technologie ou une innovation commencent à changer les habitudes de vie des populations que l'on peut parler de révolution, l'iPod d'Apple en est une parfaite illustration. Une technologie réservée aux amateurs avertis Alors que le blog est à la portée de tout un chacun grâce à des outils gratuits et conviviaux, le podcast ne présente pas en revanche la même facilité de mise en œuvre. La production et la diffusion de podcasts prennent du temps, et surtout nécessitent quelques prérequis techniques : "ce que personne ne dit aux podcasteurs débutants, c'est qu'ils vont devoir jouer les ingénieurs du son amateurs - bienvenue dans le monde de la compression, des normes, des écréteurs, de la réverbération, des consonnes occlusives, des dB, des kHz et de l'échantillonnage", fait remarquer Michael Geoghegan, producteur de Reel Reviews (2). C'est donc sans grande surprise que l'on constate que les meilleurs podcasts sont ceux produits par des blogueurs qui disposent du matériel adéquat et d'une expérience en matière de radio. Cependant, des produits et des services pour faciliter la vie des podcasteurs - s'adressant aussi bien aux entreprises qu'aux particuliers - commencent à apparaître (4). Ces services qui devraient favoriser la démocratisation et, par voie de conséquence, l'essor du podcasting, se présentent sous les formes les plus variées : - des outils d'aide à la création de podcasts, à l'instar de Propaganda 1.1, édité par MixMeister Technology ; - des services de recherche et d'écoute de podcasts, tel Podcasting 101 d'AOL ; - des services couvrant l'enregistrement, le stockage et la distribution des fichiers audio, comme Conference Call Unlimited ; - des création et enregistrements avec des voix et du matériel professionnels, à l'image de Podcast Voices ; - des bibliothèques de contenus audio à écouter sur son baladeur ou sur son téléphone, comme Audible.com ; - des services de radio en ligne, tel LAUNCHcast de Yahoo! ; - de la conversion de textes en fichiers audio et en podcasts comme Odiogo (à noter, Sun a enrichi son service Sun Grid du même type de service) ; - des moteurs de recherche pour podcasts, tels Yahoo!Podcast ou Podzinger.com. La mainmise des professionnels sur cette innovation Comme on vient de le voir, un grand nombre de podcasts sont encore réalisés par des amateurs, cependant on peut se demander pendant combien de temps cette technique va rester entre leurs mains car on assiste à une professionnalisation du podcasting. Les professionnels de l'édition et de la diffusion se sont emparés du média (presse écrite, réseaux de TV, chaînes de radio...), en même temps que les poids lourds de la technologie (13). En effet, ces acteurs se sont vite rendu compte que la baladodiffusion transforme complètement la façon dont l'information est transmise et consommée. Elle contribue ainsi à la transformation des entreprises et de l'économie au même titre que les technologies grand public telles que les jeux en ligne, la messagerie instantanée, les blogs ou encore les moteurs de recherche (14). Elle peut atteindre aussi bien des audiences très ciblées qu'un large public sans que cela coûte un centime à l'auditeur (15). Et surtout, les applications de la baladodiffusion sont infinies. Le phénomène touche les blogs, la musique, les médias, le monde politique (discours, campagnes électorales), la religion ("godcasting"), le marketing et la publicité, la communication, la formation et l'enseignement... Les grands du secteur technologique investissent le terrain... Les leaders du secteur de la technologie ne pouvaient, de ce fait, ignorer le média. Ainsi, Yahoo! est en train de travailler sur des outils de développement pour faciliter la production et la publication de podcasts (il s'intéresse même à la production de contenus vidéo pour podcast) (16). Après être resté sur la réserve, Apple s'est également mis à l'heure du podcasting et a implémenté la fonctionnalité sur la nouvelle version de son logiciel de musique iTunes et son baladeur iPod (et, pas moins de deux jours après le lancement de son service de podcasts, a engrangé un million d'abonnements sur un répertoire dédié) (17). Microsoft n'est pas en reste : l'éditeur a renforcé son site WMPlugins.com d'outils de podcasting, il compte intégrer le format de syndication RSS dans Windows Vista et dans Internet Explorer 7, il travaille également avec des sociétés telles que Doppler afin de tirer parti de l'architecture ouverte de Windows Media Player dans ses applications de podcast (18). AOL a, lui aussi, investi le terrain en lançant AOL Podcasting (19). ... Ainsi que les géants des médias Adopté à l'origine avec fougue par des producteurs indépendants à la recherche d'un moyen abordable de faire entendre leur voix, en moins d'un an le podcasting est passé des mains de développeurs indépendants à celles des géants des médias (20). La dynamique du marché a changé lorsqu'Apple, en juin dernier, a proposé une nouvelle version d'iTunes Software qui facilite la création de podcasts et invite les utilisateurs à poster ceux-ci sur le site. Ce service favorise les géants des médias, écartant les producteurs indépendants : si un podcast ne figure pas au top 100, il est difficile pour un utilisateur lambda de le trouver. Certains indépendants tentent de se regrouper au sein de réseaux de podcasts et de monter des sites afin de lutter contre la domination d'Apple. C'est la stratégie adoptée par Adam Curry et Ron Bloom dans le cadre de leur société PodShow : en créant un réseau, ils espèrent ainsi attirer auditeurs et publicitaires (21, 22). Et le podcasting devient un business Pour les pionniers, le podcasting était une innovation et, pour les purs et durs, parler de profits était ni plus ni moins une hérésie. Cette époque-là est bel et bien révolue. Aujourd'hui, les start-up, les capitaux risqueurs et les géants des médias n'ont qu'une préoccupation en tête : comment tirer des profits du podcasting. Les pionniers de baladodiffusion se retrouvent dorénavant face aux productions des poids lourds des médias tels que CBS ou Walt Disney ou aux services d'agrégation de grands acteurs du secteur technologique, comme AOL, Yahoo! ou Apple, qui collectent et centralisent des milliers de podcasts afin de vendre des shows et des publicités (23). Pour tirer des profits, différents modèles émergent. De nombreux podcasteurs se tournent vers des sponsors afin d'inclure de 15 à 30 secondes de publicité audio au début des podcasts. Assez souvent, des tarifs forfaitaires sont négociés, mais comme le nombre d'auditeurs change rapidement, cela peut se traduire pour le podcasteur aussi bien par une bonne que par une mauvaise affaire. D'autres podcasteurs expérimentent de nouvelles approches pour gagner de l'argent sans passer par la publicité, entre autres via des abonnements (23). Les entreprises s'y mettent aussi et adoptent le média De leur côté, les entreprises ont rapidement perçu les podcasts comme un moyen pratique, peu onéreux et fiable de diffuser de l'information tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'entreprise. Ce média peut en effet permettre d'étendre la communication d'une entreprise avec ses composantes : employés, clients, fournisseurs, partenaires et communautés diverses (24). De grands groupes ont ainsi commencé à exploiter ce média tant à des fins de communication qu'à des fins marketing. Technologie, informations institutionnelles, fidélisation des clients... les utilisations se multiplient dans les entreprises Les podcasts orientés technologie remportent un vif succès. Ainsi, Oracle propose des podcasts sur son site depuis mai dernier et a décidé de publier quotidiennement, lors de la conférence OpenWorld, des podcasts de 10 à 20 mn sur des sujets tels que les middlewares, les bases de données ou les grilles informatiques. De son côté, IBM a commencé à offrir des podcasts sur la section "investisseurs" de son site web. Mais, des entreprises issues d'autres secteurs ont adopté le média à l'instar de Purina, filiale de Nestlé spécialisée dans les aliments pour animaux, qui publie de façon hebdomadaire des podcasts destinés aux vétérinaires et aux amis des bêtes comprenant des interviews d'experts et de vétérinaires sur les soins aux animaux, leurs problèmes de comportement, la chirurgie animale ou les assurances médicales (15). Des entreprises comme Whirlpool trouvent, elles aussi, dans le podcasting un moyen supplémentaire de communiquer avec leurs clients, leurs investisseurs et leurs employés (25). Quant à Herbalife (suppléments nutritionnels et contrôle du poids), elle s'appuie dorénavant sur des podcasts pour renforcer la fidélité de ses clients à la marque. Pour cela, elle a doté ses distributeurs d'iPod (plus d'un million de lecteurs numériques ont été distribués à cette occasion) (26). Cependant, il faudra aux entreprises apprendre à exploiter ce type de format de communication : de même qu'un journaliste ne rédige pas de la même façon pour le web, la radio ou la presse écrite, les entreprises devront apprivoiser ce mode oral de communication et adapter leurs messages. De plus, le podcasting va certainement, comme le blog, connaître des problèmes de crédibilité : l'authenticité de leur contenu et le message véhiculé risquent d'être mis en question (20). Créer un contenu convaincant n'est pas si facile. Par ailleurs, il faut être conscient que, si les podcasts deviennent populaires, le coût lié à la distribution de ces contenus sera loin d'être trivial. Les directions informatiques auront aussi un rôle à jouer. Elles devront étudier la possibilité de recourir à des services peer-to-peer ou à des services d'hébergement. Certes, les fichiers audio ne sont pas aussi consommateurs de bande passante que les fichiers vidéo, mais leur taille est cependant loin d'être négligeable (24). Il leur incombera aussi d'attirer l'attention de leurs utilisateurs sur les avantages de ce nouveau média, les conseiller et les aider à en tirer parti (27). La publicité fait son entrée dans les podcasts La publicité commence à s'immiscer dans les podcasts. Ceux-ci devraient bientôt devenir une cible de choix pour les spécialistes du marketing qui voient un potentiel intéressant dans ce nouveau canal. Il représente un outil de plus du "permission marketing" où l'on applique le principe : donner quelque chose pour obtenir quelque chose en contrepartie (28). Pour Forrester Research, le podcasting, attirant 10 % des adultes connectés (des adultes plutôt jeunes et branchés technologie), fait partie des quatre voies royales qui s'ouvrent aux spécialistes du marketing dans le domaine du marketing social (les trois autres voies étant : le bouche à oreille qui touche 46 % des consommateurs nord-américains, les blogs, les flux RSS qui atteignent 2 % des adultes américains connectés) (29). Attirés par ce potentiel, certains podcasteurs ont commencé à insérer des publicités payantes dans leurs contenus : Absolut Spirits place ainsi des publicités pour sa vodka (15). Les entreprises qui ont les plus gros budgets de publicité, telles General Motors, Ford, Procter & Gamble, Unilever, Warner Brothers ou encore Heinekein, ont sauté le pas et font de la publicité dans des podcasts. Le publi-reportage ou "infomercial" n'est pas près de disparaître dans le cyberespace ! Cependant, le podcast de type infomercial ne convient pas à tous les secteurs d'activité, c'est pourquoi certaines marques explorent le "loisir sponsorisé", ainsi Heineken diffuse des podcasts de musique depuis son site web (30). Mais les podcasts représentent-ils un canal de publicité viable ? Les spécialistes du marketing qui ont adopté ce nouveau média y trouvent des bénéfices (20). D'après Mark Kvamme, partenaire au sein de Sequoia Capital (l'un des investisseurs de PodShow, la société d'Adam Curry), d'ici trois à cinq ans, de 1 à 2 milliards des 30 milliards de dollars dépensés pour la publicité audio devraient passer au podcasting. Cependant, si les auditeurs de podcasts représentent une cible potentielle considérable, le pourcentage d'auditeurs réguliers reste faible et l'on peut vraiment se demander si l'on peut gagner de l'argent avec des publicités podcastées (22). Par ailleurs, les publicitaires atteignent-ils leur cible par ce biais ? En effet, l'avantage de pouvoir accéder au contenu numérique à tout moment est une arme à double tranchant. Comme il s'agit d'un "playback", les podcasts peuvent être mis en pause ou carrément interrompus à tout moment par manque de temps ou d'intérêt (20). De plus les outils de "tracking" en publicité en sont encore à leurs tous premiers balbutiements et un très gros travail reste à faire sur les schémas d'écoute et sur l'impact des publicités sur podcast (20, 22). Le podcasting est du téléchargement audio. Les auditeurs vont-ils pour autant considérer les podcasts de la même façon que le téléchargement de musique ? Si oui, les publicités sont dans ce cas malvenues, tandis que si on considère le podcast comme une forme de radio, elles deviennent alors acceptables. On peut alors se demander si les publicités sur podcast vont être rejetées par le public ou alors vont réinventer la publicité audio (31) ? Toutefois, selon une étude Forrester Research, il semblerait que certains auditeurs soient prêts à payer pour un contenu pertinent (15). Le podcasting et les médias Si le podcasting est susceptible de renouveler la publicité, il est un autre domaine où son impact pourrait être particulièrement fort, il s'agit des médias. "Le podcasting est au blog ce que la radio libre était à la FM", s'embrase dans un article Julien Van Caneghem qui est convaincu que le podcasting est en train de devenir un véritable média à part entière (9). Il explique ainsi en substance que tous les grands médias américains (presse écrite, radio, TV) se sont mis au podcasting. Cela, d'abord pour une raison économique : "le podcasting ne leur coûte rien, il est diffusable dans le monde entier et permet d'atteindre de nouveaux auditeurs en dehors des heures habituelles des émissions", précise-t-il (aux USA, la plupart des télés et radios ne diffusent qu'au niveau d'une ville ou d'un Etat, le podcasting leur ouvre ainsi les 50 Etats, voire même le monde entier). L'adhésion des médias américains tient, pour lui, à une deuxième raison : le podcasting est multimédia, il ouvre ainsi des possibilités infinies : un organe de presse écrite peut devenir une radio ou une TV et ne plus se contenter d'être seulement un journal ; inversement, une chaîne de télévision pourra faire autre chose que de la télé. L'un des grands avantages du podcasting est d'offrir aux médias la possibilité de sortir de leurs formats traditionnels (notamment de celui de la fameuse émission s'adressant à la ménagère de moins de cinquante ans) et de créer de nouveaux formats. Et demain ? Ce média connaîtra-t-il l'essor qu'on lui prédit ? Après le succès foudroyant des blogs, du wiki, des flux RSS, le podcasting pourrait bien être une nouvelle pierre à l'édifice du futur web, manifestement marqué par la dimension sociale qu'il donne à Internet et la mise en valeur de l'intelligence collective. - 15 décembre 2005 – Tous droits réservés - © documental - Références bibliographiques des citations et éventuels liens Internet (liens validés le 15.12.05) : 1. A la découverte du podcast /Vincent Birebent. – Micro Hebdo, 06.10.05. http://www.01net.com/article/290340_a.html 2. Podcasting et vidéoblogging, l'avenir des blogs ? - Internet Actu, 16.02.05. http://www.internetactu.net/index.php?p=5831 3. Podcasting proves popular /Thomas Clayburn. – Information Week, 04.04.05. http://www.informationweek.com/shared 4. Podcasting for the people /Susan Kuchinskas. – Internetnews.com, 19.09.05. (Référence documental : 25295). http://www.internetnews.com/dev-news/article.php/3549671 5. Now, audio blogs for those who aspire to be D.J.'s /John R. Quain. – New York Times, 12.05.05. 6. Podcasting. – Wikipedia. http://fr.wikipedia.org/wiki/podcasting 7. Seuls 9 % des internautes connaissent les flux RSS /Frédéric Quin. – VNUNet.fr, 27.07.05. http://www.vnunet.fr/services/version_imprimable/20050727010/1 8. Podcast users expected to reach 60 million in five years /Antone Gonsalves. – Information Week, 05.07.05. http://www.informationweek.com/shared
9. Podcasting, nouvelle révolution ? /Julien Van Caneghem. - Blog de Loïc Le Meur, 23.08.05. http://www.loiclemeur.com/france/2005/08/podcasting_nouv.html 10. Intro au podcasting... /Julien Van Caneghem. – Blog de loïc Le Meur, 21.08.05. http://www.loiclemeur.com/france/2005/08/intro_au_podcas.html 11. Radio to the MP3 degree : podcasting /Byron Acohido. - Usa Today, 09.02.05. http://www.usatoday.com/tech/news 12. Podcasters hit the copyright wall /Cathy Yang. – Business Week, 25.05.05. http://www.businessweek.com/technology 13. Podcasting /Russel Kay. – Computerworld, 03.10.05 – 56922. http://www.computerworld.com/printthis/2005/0,4814,105039,00.html 14. The big picture : consumer tech will change business /Michael Friedenberg. - Information Week, 04.07.05. http://www.informationweek.com/shared
15. Finding profit in podcasting /Laurie Sullivan. - Information week, 26.08.05. (Référence : documental 25312). http://informationweek.com/shared
16. Yahoo designs podcast development tool /Laurie Sullivan. – Information Week, 11.11.05. http://www.informationweek.com/shared 17. Apple dégaine "l'iPodcasting". – VNUNet.fr, 29.06.05. http://www.vnunet.fr/services/version_imprimable/20050629004/1 18. Podcast services help users connect with new content /Rachel Sokol. - Information Week, 04.11.05. http://www.informationweek.com/shared
19. Podcasting : nouveau business model pour moteur de recherche /Yves Grandmontagne. – silicon.fr, 15.09.05. http://www.silicon.fr/getarticle.asp?ID=11492 20. Loud ad clear /M.L. Hartman. - CMO, 01.11.05. http://www.cmomagazine.com/read/110105/podcasting.html?action=print 21. Podcast : David vs. Goliath /Heather Green. - Business Week, 15.08.05. http://www.businessweek.com/magazine/content/05_33/b3947062_mz011.htm 22. Indie podcasting : not so independent anymore /Heather Green. - Business Week, 30.11.05. http://www.businessweek.com 23. Searching for the pod of gold /Heather Green. - Business Week, 14.11.05. http://www.businessweek.com/magazine/content/05_46/b3959131.htm 24. IT has a stake in podcasting /Dan Gillmor. – Computerworld, 16.05.05 - 54268. 25. And now, a podcast from our sponsor /Heather Green. – Business Week, 14.11.05. http://www.businessweek.com/magazine/content/05_46/b3959134.htm 26. The CEO's tech toolbox. - Business Week, 26.07.05. http://www.businessweek.com/technology 27. IT needs to get on board with RSS /Michael Gartenberg. - Computeworld, 27.06.05. http://www.computerworld.com/printthis/2005/0,4814,102741,00.html 28. Podcasting : the marketer's ultimate give-to-get /Paul Dunay. – CMO Magazine, novembre 2005. http://www.cmomagazine.com/read/columns/gc_112205.html?action=print 29. Social marketing in four flavors. – CMO, 27.09.05. http://64.28.79.74/cmo/metrics/viewmetric.cfm?METRIC=858 30. Mad Ave.'s rush to podcasts /David Kiley. – Business Week, 25.05.05. http://www.businessweek.com/technology 31. Can podcasting do business ? /Jon Fine. - Business Week, 28.11.05. (Référence : documental 25488). http://www.businessweek.com/magazine/content/05_48/b3961031.htm
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